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mercredi 10 mars 2010
: EXTASE

Par l’acte d’amour où se brisent nos propres contours, nos individualités se délitent dans l’échange communiquant. Extase nous dilue. Nos corps... nos volontés, Extase les détruit. Sous l’unique étoile toute-puissante des plus folles pulsions, en leurs jeux radicaux qui nous mélangent, corps et volontés meurent à l’unisson. Ne sommes plus traversés que par un faisceau unique, plus qu’une seule trame qui lance, Pulsion. Nous brasse ensemble, c’est elle qui nous fout. Unis par ce qui renverse (...)




mercredi 3 mars 2010
: Larmes de mes lèvres

Où va le ciel ? Nulle part. Être mort c’est être nulle part. Il est mort le ciel alors ?
J’aime beaucoup ton sexe tu sais. Des lames, ces sons... c’est la musique. Coupé en tant de morceaux qu’on se sent tout uni, uni de coupures. Le temps, cette lente coupure, m’achemine vers la mort. Mes morts me réclament. C’est pour eux que j’écris. Comme Stendhal écrit pour celui venant de naître deux pâtés de maison à côté. C’est pareil, non ?
Les tombes parlent, il suffit de les voir et croire ce (...)




lundi 22 février 2010
: Le Garçon de la forêt

L’autre nuit mon ange gardien m’a beaucoup surprise. Il tentait de me violer pendant que je dormais. Le cauchemar de sa prise m’a fait me réveiller en hurlant. Que se serait-il passé s’il avait pu aller jusqu’au bout ?
Je reviens d’un merveilleux voyage, pays où je voudrais mourir... dans les bras du garçon rencontré dans la forêt. Il a su comment me prendre, quand retournée pour fuir, ma jupe s’est agrippée à la branche pour dénuder ce cul blanc aussitôt sali par la boue sur laquelle il (...)




jeudi 4 février 2010
: BALADINE

Baladine ne fait rien d’utile au monde. Doit-elle en rire ou en pleurer ?
Ses pleurs sont des larmes acérées. Et ses rires, des éclats tendres. Il arrive des fois où dureté et tendresse se mélangent. Si dégoût trop violent pour être pleuré, ses rires sortent en sanglots. Mais si la volupté la déchire tout en la comblant, elle a alors ce visage d’extase... Au-delà de l’émotion, comme au-delà de la vie.
La vie, indéfinie composition, ensemble composite où s’imbriquent et se côtoient des (...)




lundi 25 janvier 2010
: VISION HORRIFIQUE

Bateau plein de pluie s’en est allé avec moi dedans, seule sur le pont. Tout le monde est rentré.
J’aurais voulu dire comme je L’ai aimé. Je ne l’ai pas fait, je ne fais plus rien, plus plus rien. Pourquoi ? C’est bien simple. Je n’ai plus aucune force. Alors me pisse dessus pour que de moi s’exprime quelque chose.
Je sais que ce bateau est damné. Avant de monter, j’ai découvert sa figure de proue. C’est ma gueule. Et je sais que Quelqu’un ici va mourir... "Voici l’Homme". Nietzsche qui (...)




mardi 19 janvier 2010
: PAS MOI

L’écriture est une folle qui dispense sa rigueur. À ceux qui veulent mourir pour elle à chaque demain. Mourir pour elle en vue de créer le miroir. C’est le combat. Ce n’est pas sur la Lune que se livrent les combats.
Ils croient saisir au ciel la lune, l’impossible. Mais c’est à l’eau. C’est foutu et c’est justement parce que c’est à l’eau, foutu, que peut la lune se toucher, s’atteindre l’impossible. D’un cœur ravagé. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. L’œil de la nuit, je l’ai gardé (...)




dimanche 27 décembre 2009
: La Belva

La belva
Je suis un fauve qui pleure. Sais-tu comment pleurent les fauves ? C’est quand ils tuent et qu’ils mangent. Tuer, c’est leur pleur.
La poupée s’est cassée. C’était mon dedans. C’est en miettes et j’y crois. La poupée cassée, elles le sont toutes. Vos cerveaux sont des poupées cassées. Vous n’y comprenez rien. La main qui essaye de se saisir elle-même jette la poupée. Mais il ne faut pas jeter la poupée même si elle est cassée. Car elles le sont toutes, cassées, les poupées, c’est (...)




vendredi 11 décembre 2009
: Les anges de l’histoire (extrait 8)

Enfin, quelque temps plus tard, alors que Vladimir était sorti, elle proposa à Soledad le texte qu’elle venait d’achever et d’imprimer. Il se décolla de son ordinateur, s’allongea sur le futon pour lire tranquillement. Naude lui fit un baiser sur les lèvres avant d’entrer dans le bain qu’elle venait de se faire couler.
Boomerang n°34
Amour ou destruction ?
Fiora Glass
Des jonques et des fleurs
En fait, cette guerre, c’est quoi ? C’est la norme contre l’être singulier. La norme (...)




mardi 8 décembre 2009
: La transparence des voiles (extrait 4)

Il y a une nouvelle vente de ses œuvres dans quelques jours. Si vous voulez, nous pouvons y aller ensemble. C’est amusant, les enchères. Vous aimez ?
Je ne sais pas si j’aime les ventes aux enchères. Mais j’aime bien voir vendre et acheter de toute façon. Pour le moment je crois que ce que j’aimerais c’est que tu m’emmènes dans ton lit. Il doit être aussi propre que toi, presque hygiénique, avec ce soupçon de luxe à peine montré... Que tu ouvres les draps, me prennes dans tes bras comme un (...)




dimanche 6 décembre 2009
: Les anges de l’histoire (extrait 7)

Le livre de Mademoiselle Renarde
Pintchin Éditions
Mademoiselle Renarde
SEXE ET PASSION
Sphères en ivoire, dans mon vagin brûlant, sont deux. Deux boules glissantes dans les eaux troubles du sexe sont retenues par lui qui, sur un ordre lancé par ma tête, au-dedans les maintient.
Sinon, vu leur taille, devenant poissons fuyants, elles s’échapperaient !
Mais le vagin se contracte, ce cher animal qui dès lors se fait sentir par mon être si puissamment. Comme c’est bon... d’être la caverne (...)




vendredi 4 décembre 2009
: Les anges de l’histoire (extrait 6)

Il s’était installé au Rous, ancien foyer militaire transformé en hôtel après le changement de régime. Il était assez sinistre, avec sa façade sombre et massive mais ses chambres, au nombre de deux cents, étaient propres, confortables et bon marché. Il partageait son temps entre l’Ermitage, sa recherche artistique en tête-à-tête avec son ordinateur portable, dans sa chambre du Rous, ses dérives dans la cité et ses rencontres avec Viktor. Il passait régulièrement le voir à la chaufferie pour (...)




vendredi 4 décembre 2009
: Les anges de l’histoire (extrait 5)

Ils laissèrent la voiture, s’engagèrent en file indienne dans une ruelle très étroite. L’on pouvait la toucher de part en part rien qu’en écartant les bras. Elle se jonchait de vitrines, certaines puissamment éclairées. Par moments, Vladimir, qui marchait devant, se retournait vers Soledad pour lui lancer une boutade qui les faisait rire. Ils s’arrêtèrent devant la vitrine où la femme accouchait ; oui Soledad connaissait bien ce coin du Quartier des Plaisirs, sa première promenade après sa (...)




mercredi 2 décembre 2009
: L’aveu de Mariko (extrait 1)

À dix-neuf ans j’avais compris. Un certain type d’amour dont je ne voulais pas. Celui où l’on joue au chat et à la souris. Où l’autre vous colle quand vous vous en éloignez. S’absente quand il sent votre désir. Et vous, vous agissez de même à son égard. Cellule privée d’oxygène, le couple. Non pas la communauté d’esprits et de cœurs que pourraient constituer deux personnes. Mais une aire de combat. Pour le pouvoir. Avoir une femme, un amoureux, une maîtresse... avoir, avoir, toujours avoir. (...)




mercredi 2 décembre 2009
: L’aveu de Mariko (extrait 2)

Quelques jours plus tard, j’étais avec Ralph près de la fac. Qui je vois dévaler la descente sur un Dax ? Mon Aurélien avec Félix assis derrière lui. La petit moto s’arrête. Aurélien pose un pied par terre et avec Félix reste assis dessus. À la barbe de Ralph, je posai un baiser sur la bouche d’Aurélien. Félix pencha la tête sur le côté pour la dégager du dos d’Aurélien et me regardait intensément. "Impossible de l’embrasser banalement sur les deux joues, me dis-je. Entre lui et moi, on ne (...)




mercredi 2 décembre 2009
: L’aveu de Mariko (extrait 3)

Peur et passion
Aurélien m’avait dit :
Tu es une femme qui va jusqu’au bout.
Mais en disant cela, il n’était pas satisfait. Il sentait bien que cela n’avait rien à voir avec le jusqu’auboutisme.
Non, ce n’est pas ça. Je ne sais pas comment dire, avait-il ajouté.
Je voyais qu’il tentait de définir mon intensité à vivre chaque chose. Et cette façon de m’abandonner aux caprices de mes désirs. Ce qui n’a rien à voir avec le jusqu’auboutiste. Qui, étant au contraire assoiffé d’autocontrôle, (...)